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Les gouvernements dépensent jusqu’à 1,8 milliard $ par année pour respecter les exigences du bilinguisme officiel à l’échelle fédérale

Release Date:May 6, 2009 

MONTRÉAL, QC—Le gouvernement fédéral canadien et les autres organismes sujets à la Loi sur les langues officielles (LLO) dépensent jusqu’à 1,8 milliard $ chaque année afin de fournir des services en français, selon une nouvelle étude publiée aujourd’hui par l’Institut Fraser, un organisme de recherche indépendant.

L’étude Les politiques fédérales en matière de langues officielles au Canada, qui a fait l’objet d’une révision par des pairs, mesure l’ampleur des dépenses du gouvernement fédéral consacrées à la mise en oeuvre des politiques en matière de bilinguisme en 2006 et estime combien il aurait plutôt coûté au secteur privé d’offrir la traduction en français des services fédéraux.

« Le coût annuel pour offrir les services du gouvernement fédéral en français plutôt qu’en anglais seulement s’établissait quelque part entre 1,6 milliard $ et 1,8 milliard $ en 2006. Bien que ce coût ne soit pas très élevé proportionnellement à la taille de l’économie, il est tout de même substantiel et nous devrions nous assurer que cet argent est bien dépensé », a déclaré François Vaillancourt, professeur d’économie à l’Université de Montréal et coauteur de l’étude.

En vertu du système actuel, tous les Canadiens paient pour la prestation des services en français, et ce, à un coût estimé de 55 $ par habitant. Si le secteur privé s’occupait de tels services de traduction, seulement ceux ayant besoin de services gouvernementaux en français paieraient les coûts y étant associés.

« Recourir au secteur privé pour fournir des services linguistiques et adopter un modèle de type utilisateur-payeur pourrait être plus judicieux d’un point de vue économique », selon M. Vaillancourt.

« Toutefois, il s’agirait d’un changement majeur dans les politiques publiques qui pourrait ne pas être acceptable, étant donné l’appui démontré envers le bilinguisme officiel par la population canadienne ».

L’étude note que le principal avantage d’offrir les services du gouvernement fédéral dans les deux langues officielles est que cela permet aux francophones d’interagir avec le gouvernement fédéral en français. Parmi les personnes qui habitent au Canada, de 7 millions à 7,5 millions sont susceptibles d’utiliser le français comme langue de contact avec le gouvernement fédéral étant donné leur langue maternelle et leur connaissance des langues officielles selon le recensement de 2006.

D’autres avantages allégués découlant de la capacité du gouvernement fédéral à interagir en français et en anglais semblent plus nébuleux.

« Le Canada est peut-être une destination légèrement plus attrayante pour les touristes et les étudiants étrangers francophones. Toutefois, l’argument voulant que le Canada ait un accès plus étendu aux marchés mondiaux grâce à la LLO n’est pas confirmé par les faits », selon M. Vaillancourt.

« Le Canada a peu de partenaires commerciaux francophones. La quasi-totalité des exportations de biens et services canadiens a lieu en anglais, principalement parce que plus des trois quarts de nos exportations se dirigent vers les États-Unis et parce que l’anglais est la langue du commerce international ».

En plus de mesurer les coûts de mise en œuvre des politiques en matière de bilinguisme, l’étude détaille l’histoire du cadre constitutionnel et législatif des langues officielles au Canada. L’étude note également que les droits linguistiques des francophones se sont développés depuis l’entrée en vigueur de la Loi sur les langues officielles il y a 40 ans.

Les politiques fédérales en matière de langues officielles au Canada est la première d’une série d’études sur les politiques linguistiques à être publiées par l’Institut Fraser.

 
Media contact(s): François Vaillancourt
francois.vaillancourt@unmontreal.ca
(514) 343-7314