Recherche et Nouvelles
Bookmark and Share

Une manifestation anti-Wall Street… opportuniste

Auteur(s):
Date de sortie: November 8, 2011

Perspectives Automne 2011

Une manifestation anti-Wall Street… opportuniste (PDF)

Une manifestation anti-Wall Street… opportunisteLorsque l’on observe le mouvement Occupy Wall Street (OWS) et les manifestations qui lui ont emboîté le pas dans de nombreuses villes nord-américaines, on aurait tort de prendre les manifestants pour des personnes simplement mal informées. Ils le sont certes parfois, mais il serait absurde d’établir un parallèle flatteur entre OWS et le printemps arabe, où les citoyens se sont opposés à des dictateurs sanguinaires. Malgré tout, certains manifestants sont tout de même bien intentionnés.

Les manifestants d’OWS contestent une multitude de choses, comme le fait que les profits sont privés alors que les pertes financières sont socialisées, la pollution, la stagnation des salaires et les saisies immobilières entre autres choses.

Il est vrai que certaines doléances, comme celles visant les saisies immobilières, concernent plus les Américains que les Canadiens.

De plus, certaines demandes des manifestants peuvent être contradictoires. Ainsi, il ne faudrait pas toujours opposer la création d’emplois et la protection de l’environnement : les entrepreneurs qui inventent des technologies propres sont un bon exemple de coïncidence entre les intérêts du monde des affaires et celui des écologistes.

Toutefois, dans le cas bien précis et plus récent de la construction d’un oléoduc du Canada vers les États-Unis, une perturbation de l’utilisation des terres est inévitable. Compte tenu du nombre de chômeurs américains qui seraient engagés dans le cadre du projet, les manifestants qui veulent plus d’emplois mais s’opposent à une telle perturbation dans les Prairies manquent de réalisme.

Je comprends les préoccupations des manifestants, mais ceux qui veulent sincèrement créer un monde meilleur doivent savoir que les slogans, les exigences et la pensée magique n’aboutiront à rien. Voici quelques principes généraux que les manifestants d’OWS devraient saisir et promouvoir pour favoriser la prospérité et éviter tout favoritisme politique :

Principe no 1 : Ne subventionner que les personnes dans le besoin, pas les riches ou les sociétés

Certaines personnes ont besoin d’aide à l’occasion, et la définition exacte du besoin fait l’objet d’une controverse, de même que la source éventuelle de l’aide nécessaire. Il faut néanmoins souligner que les riches et les sociétés n’ont pas besoin de subventions.

Il n’est pas difficile de comprendre la logique de ce principe. De toute évidence, les riches n’ont pas besoin de transferts de revenus des contribuables. Quant aux sociétés, il s’agit d’entités artificielles qui apparaissent et disparaissent, donc il vaut mieux les laisser à leur propre sort.

Des personnes en chair et en os travaillent dans des sociétés, mais c’est justement le fond du problème : quand des êtres humains sont dans une mauvaise passe, ce sont eux qu’il faut aider et non pas les sociétés qui vont et viennent. Après tout, les tentatives de « sauvetage » de sociétés avec l’argent des contribuables ne font qu’obliger le gouvernement à intervenir en choisissant des gagnants et des perdants parmi des concurrents.

Les manifestants de Wall Street ont raison de s’opposer à la socialisation des pertes de Wall Street, comme de celles des constructeurs d’automobiles de Detroit et de toutes autres pertes privées épongées par les contribuables. Le principe général est donc qu’il faut supprimer toute aide sociale aux entreprises et examiner la pertinence de tous les programmes sociaux.

Principe no 2 : Adopter une politique fiscale neutre

Que ce soit au Canada ou aux États-Unis, la fiscalité des particuliers et des sociétés est remplie d’échappatoires déguisées en « crédits d’impôt », en « déductions » et en « exonérations ». Peu importe l’idée que l’on ait de ce que devraient être les taux d’imposition généraux, l’élargissement de l’assiette fiscale et la simplification du recouvrement pourraient générer des emplois (sauf pour les comptables). Un régime uniforme et simple imposant un faible fardeau fiscal est à privilégier.

Principe no 3 : Toujours favoriser les consommateurs par rapport aux producteurs

Si nous voulons que les pauvres aient accès à des aliments moins chers, il faut cesser de favoriser les agriculteurs ou des tiers par des subventions, des barrières protectionnistes et des offices de « gestion de l’offre » (qui sont essentiellement des cartels). Ces mesures ne font que protéger la part de marché et les prix des producteurs aux dépens des consommateurs. Il vaut mieux respecter le libre jeu de la concurrence.

Principe no 4 : S’opposer aux « fraudes pyramidales » parrainées par l’État

Ceux qui pensent que les gouvernements devraient encore emprunter des milliards de dollars pour stimuler l’économie devraient songer au fait que cela constitue une tentative de gagner des votes aux dépens des générations futures qui devront en assumer les coûts. Ces coûts comprennent une augmentation de la dette publique, que les jeunes manifestants de Wall Street devront rembourser sous forme de hausse des taxes et des impôts, de faible croissance économique et de pertes d’emplois.

Cette situation est analogue à une fraude pyramidale. Il s’agit en effet d’un « emprunt » intergénérationnel obligeant les derniers participants à payer non seulement pour les services gouvernementaux dont ils profitent, mais aussi pour ceux dont les générations antérieures ont bénéficié. L’exemple de la Grèce illustre bien ce à quoi cela mène.

Principe no 5 : Saisir les occasions, où qu’elles se présentent

En dénigrant les soi-disant postes de premier emploi, certains manifestants de Wall Street insultent les personnes qui les occupent et qui travaillent fort pour améliorer leur sort. Tout travail, peu importe le domaine, mérite le respect. Pour la plupart des personnes en bonne santé, il vaut mieux travailler que dépendre de l’aide sociale.

C’est pourquoi il est souhaitable, en général, de saisir les opportunités. Il suffit de penser à Steve Jobs, de songer à la manière dont ses inventions et son esprit d’entreprise ont permis d’améliorer le monde ainsi qu’au nombre de personnes dont il a amélioré la vie grâce aux emplois et aux opportunités qu’il a créés. Voilà un succès remarquable qui mérite de servir de modèle.



Loading...