Les Québécois doivent attendre quatre mois pour des actes de chirurgie nécessaires

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Waiting Your Turn: Wait Times for Health Care in Canada, 2014 Report

Les Québécois nécessitant une chirurgie ou un autre traitement thérapeutique attendent quelque 16,9 semaines pour l’obtenir. C’est ce que nous apprend la 24e étude annuelle Waiting Your Turn: Wait Times for Health Care in Canada, 2014 Report publiée par l’Institut Fraser.

L’attente médiane entre la consultation d’un médecin généraliste et le traitement a diminué par rapport à l’an dernier (17,8 semaines), mais elle a plus que doublé par rapport à 1993 (7,3 semaines).

« Malgré des dépenses de santé élevées, les délais d’attente au Québec pour des soins de santé essentiels et susceptibles de sauver des vies demeurent trop longs », affirme le Dr Robert Ouellet, senior fellow de l’Institut Fraser.

Par exemple, le temps d’attente total, soit 22,9 semaines, pour des interventions de médecine interne – colonoscopie, angioplastie, etc. – est nettement supérieur à la moyenne nationale de 15,7 semaines.

Les Québécois attendent aussi plus longtemps que la moyenne canadienne pour obtenir un traitement de radio-oncologie (4,8 semaines contre la moyenne nationale de 4,2 semaines) et d’oncologie médicale (4,2 semaines contre 3,3 semaines).

« Les délais d’attente des patients de la Belle Province pour un traitement après avoir consulté un spécialiste sont souvent plus longs que ce que les médecins estiment “cliniquement raisonnable”, ce qui devrait préoccuper quiconque se soucie de la santé et du bien-être des Québécois », soutient le Dr Ouellet.

Plus généralement, le rapport de cette année indique que l’attente médiane au Canada, toutes provinces comprises, entre le moment où un patient est vu par un médecin généraliste et le traitement par un spécialiste est de 18,2 semaines, la même qu’en 2013 et de 96 % plus longue qu’en 1993, lorsqu’elle n’était que de 9,3 semaines.

En 2014, les temps d’attente entre l’aiguillage et le traitement étaient les plus longs au Nouveau-Brunswick (37,3 semaines), à l’Île-du-Prince-Édouard (35,9 semaines) et en Nouvelle-Écosse (32,7 semaines). Ils étaient les plus courts en Ontario (14,1 semaines), en Saskatchewan (14,2 semaines) et au Québec (16,9 semaines).

Par ailleurs, le nombre d’interventions médicales nécessitant une attente au Canada est passé de 928 120 en 2013 à 937 345 en 2014.

« Si le Canada voulait offrir un accès plus rapide à des soins de santé de qualité, il devrait s’inspirer des politiques d’autres pays dotés d’un système universel de soins de santé, comme la Suisse, les Pays-Bas, l’Allemagne et l’Australie », fait valoir Bacchus Barua, coauteur de l’étude et économiste principal au Centre de recherches sur les politiques de santé de l’Institut Fraser.

L’étude Waiting Your Turn: Wait Times for Health Care in Canada est la seule au Canada à mesurer rigoureusement le temps d’attente pour obtenir des soins de santé nécessaires. Fondée sur les résultats d’une enquête menée dans chaque province auprès des praticiens de 12 spécialités médicales, elle mesure les temps d’attente entre la consultation d’un généraliste et le traitement, la consultation d’un généraliste et celle d’un spécialiste, et la consultation d’un spécialiste et le traitement. Elle mesure par ailleurs les temps d’attente pour les examens IRM, les tomographies par ordinateur et les échographies.